Situation financière réelle des étudiants
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- Publié, 6 septembre 2011
Pression financière, manque à gagner, précarité. Face à ces constats inquiétants, un questionnement s’impose sur la situation réelle des étudiants québécois et sur les risques d’endettement qui y sont reliés. L’ensemble risque d’être considérablement amplifié avec l’annonce d’une hausse massive des frais de scolarité.
Il est maintenant devenu coutume d’entendre que la solution à l’endettement étudiant réside en partie dans une plus grande responsabilisation de ceux-ci par rapport à leur mode de vie. De plus, plusieurs jugent leur comportement questionnable, particulièrement en ce qui concerne leurs loisirs, sorties et habitudes de consommation. Le manque de moyens financiers des étudiants actuels serait donc un simple problème de contrôle des dépenses quotidiennes, de planification budgétaire, voire même dans certains cas un manque de maturité. Les étudiants sont-ils irresponsables?
Plusieurs faits exposent pourtant une situation bien différente 1 :
- 50 % des étudiants à temps plein gagnent moins de 12 200 $ annuellement;
- 40 % des étudiants à temps plein ne reçoivent aucune contribution parentale;
- 85 % des étudiants à temps partiel n’ont pas recours à l’aide financière du gouvernement;
- 44 % des étudiants à temps partiel présentent un manque à gagner, tandis que 50 % d’entre eux
travaillaient plus de 30 heures par semaine en 2009;
- La moitié des étudiants utilisent plus de 66,7 % de leur financement total à des fins de subsistance, alors que les dépenses en vêtements et chaussures représentent seulement 5 % de leur financement total;
- Au Québec, un diplômé universitaire fait partie du seul niveau d’études pour lequel la rémunération horaire a connu une diminution en 2010. 2
La hausse des frais de scolarité est particulièrement problématique en raison de l’augmentation du fardeau financier des étudiants, actuellement déjà élevé, d’autant plus que l’avantage traditionnel que constitue un meilleur revenu d’emploi n’est plus garanti. Ce dernier étant devenu très inégal selon les domaines, le fait d’emprunter pour poursuivre ses études crée une contrainte significative par rapport à la santé financière de demain des étudiants touchés.
1 Données tirées de la recherche Sources et modes de financement des étudiants de premier cycle menée en 2009 par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).
2 Annuaire québécois des statistiques du travail










