Foire aux questions



Les frais de scolarité sont gelés depuis toujours. Vrai ou faux?


Faux.

Entre 1990 et 1994, les frais de scolarité ont connu une progression particulièrement rapide. En effet, l’augmentation combinée des droits de scolarité et des frais institutionnels obligatoires (FIO) dans l’espace de ces quatre ans est équivalente à l’indexation annuelle des droits perçus pour la période 1990-2010.

De plus, le gouvernement de Jean Charest a dégelé en 2007 les droits de scolarité de 1994 pour appliquer une hausse de 500 $ échelonnée sur cinq ans, à raison de 100 $ par année et se terminant en 2012.

Tout cela est sans compter les frais institutionnels obligatoires instaurés dans les années 90, qui ont connu une croissance fulgurante avant d’être encadrés par une règle budgétaire. Avant cette date, chaque université pouvait hausser à sa guise les frais institutionnels exigés aux étudiants, et ce, en plus des droits de scolarité.

En bref, non seulement les droits de scolarité ont augmenté entre 1990 et 1994 dans une mesure équivalente à l’indexation 1990-2010, mais ils ont été haussés à nouveau entre 2007-2012. Et à tout cela s’ajoute les frais institutionnels obligatoires, qui croissent de 15 $ à 50 $ par année, dépendant de l’établissement universitaire.




L’aide financière aux études (AFE) maintiendra l’accessibilité malgré une hausse des droits de scolarité. Vrai ou faux?


Faux.

60 % des étudiants universitaires n’ont pas accès à l’aide financière aux études. Des 40 % restants, 14 % ne reçoivent que des prêts, 26 % des prêts et des bourses. Ce sont les étudiants boursiers, exclusivement, qui bénéficieront des mesures d’atténuation de la hausse prévues dans le présent plan de financement des universités québécoises.

L’aide financière aux études inclut dans ses barèmes d’accessibilité une contribution parentale variable selon diverses conditions. Par exemple, pour un couple dont le revenu s’élève à 60 000 $, un montant de 4 750 $ devrait être versé annuellement à un enfant poursuivant des études universitaires. Cette contribution est sensiblement équivalente aux frais de scolarité (droits et frais institutionnels obligatoires) qui seront exigés en 2017, soit 4 700 $. Or, 66 % des bénéficiaires de l’aide financière aux études ne reçoivent aucune contribution parentale.

Malgré le fait qu’on ne peut nier l’apport de l’aide financière aux études dans l’accessibilité à l’éducation, le programme tel qu’il est ne permet qu’à une minorité d’être épargnée par la hausse des frais de scolarité. Les autres devront s’endetter davantage, avec tous les effets néfastes que l’on connait, ou devront abandonner l’idée de poursuivre des études universitaires.




L’aide financière aux études répond aux besoins des étudiants?


Faux.

L’actuel programme d’aide financière aux études est vétuste. C’est un fait. Aucune indexation n’a été faite pour les périodes de 1996 à 1999 et de 2003 à 2007.

Ce qui entraine des cas comme celui-ci :

Alors qu’une étude de l’Université de Montréal estime qu’il faut 89 $ par semaine pour se nourrir adéquatement en suivant le guide alimentaire canadien, l’aide financière aux études offre seulement 49 $, soit 7 $ par jour...

De plus, elle comporte plusieurs lacunes prouvant son inaptitude à permettre aux étudiants de vivre convenablement durant l’année scolaire. Aussi, le virage technologique qu’a pris l’éducation ces dernières années ne se reflète pas encore dans les frais couverts par l’aide financière aux études. Alors que de nombreux cours sont offerts en intégralité sur Internet, l’abonnement à réseau domestique est toujours considéré comme un luxe et n’est pas inclus dans les compensations reliées aux frais encourus par les étudiants.




L’aide Les étudiants vivent au-dessus de leurs moyens. Vraiment?


Les étudiants mangent au restaurant tous les jours

Pourtant, selon une étude faite par l’Université Laval, 8 % des étudiants universitaires doivent utiliser des banques alimentaires pour se nourrir, faute de moyens.

Les bars sont remplis d’étudiants

Mais encore, 15 % des étudiants de premier cycle assument des charges parentales, ainsi que 20 % de ceux des cycles supérieurs. Ce sont rarement ces derniers que l’on peu voir profiter de la vie nocturne. À ceux-ci s’ajoutent tous ceux qui ne peuvent tout simplement pas consacrer des fonds à autre chose qu’à leur subsistance. Il y a certainement des étudiants plus fortunés, et c’est eux que l’on voit. Mais cela ne signifie pas qu’il s’agit de la majorité, loin de là.

Une majorité d’entre eux se déplace en voiture

Lorsque l’on observe les stationnements des universités et les problèmes de circulation reliés à la présence d’un grand nombre de voitures sur les campus, il faut garder à l’esprit le personnel qui y travaille. À l’Université Laval, cela représente plus de 5 000 personnes, beaucoup plus susceptibles de posséder une automobile.

S’il y en a des plus riches, l’étudiant avec des charges parentales ou qui a très peu de moyens n’est pas celui que l’on voit au restaurant, dans les bars et dans les centres commerciaux. Ce dernier est l’un des milliers d’étudiants invisibles et dont la situation précaire ne semble pas choquer autant que de voir un universitaire avec son cellulaire en main au restaurant.